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«Nous vivrons plus longtemps que quiconque auparavant»

D’aucuns en sont convaincus: la génération Y déserte la place politique et est gouvernée par une pensée matérialiste. Trois représentants de cette génération, originaires d’Allemagne, de France et de Suisse, viennent tordre le cou à ces allégations. Ils sont fortement engagés en politique et au sein de la société, que ce soit dans leur travail ou leur temps libre. Pourquoi s’engagent-ils pour la société? Quels sont leurs objectifs? Comment mobilisent-ils leur génération? Découvrez les réponses dans cette série. Kai Whittaker d’Allemagne donne le coup d’envoi et explique son point de vue.

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Kai Whittaker, membre du Bundestag allemand (CDU).

1. Pourquoi êtes-vous engagé en politique?
La politique détermine notre vie quotidienne, que nous le voulions ou non. Cela commence chaque matin, dès que vous allumez la lumière, avec le courant fourni, et cela se poursuit avec l’état de la route que vous empruntez pour aller au travail: la politique est présente à tous les niveaux. On peut certes ne pas s’y intéresser, mais on ne peut pas lui échapper. En ce qui me concerne, je suis plutôt quelqu’un qui préfère participer aux décisions plutôt que de les subir. Voilà pourquoi je me suis lancé en politique.

2. On entend souvent dire que la priorité de votre génération est la sécurité financière, au détriment de l’engagement politique. Arrivez-vous à mobiliser les gens?
Il est vrai qu’on peut parfois avoir ce sentiment. Mais à travers différents événements qui ont marqué ces dernières années, on ne peut pas nier que nous sommes plus politisés que jamais. Les gens sont conscients du poids de leur opinion, de leur engagement ainsi que de leurs voix. Dès qu’on parle concrètement de leur avenir, il y a un engouement évident pour la politique, ainsi que pour les partis.

3. Quels sont les trois principaux problèmes que rencontrent les jeunes générations dans votre pays?
Il est devenu beaucoup plus difficile pour la jeune génération de se constituer un patrimoine. C’est pourtant une composante centrale de la promesse d’ascension sociale dans notre pays. En outre, je suis préoccupé par la mutation démographique. Nous sous-estimons les difficultés financières auxquelles notre génération sera exposée. Et pour finir, ma génération a du mal à être indépendante et à expérimenter de nouvelles idées. Je crois que la pensée sécuritaire est beaucoup trop ancrée. 

«Nous sous-estimons les difficultés financières auxquelles notre génération sera exposée.»

4. Et quelles sont les trois plus grandes opportunités? 
Avec la transition numérique pour commencer, nous pourrions radicalement changer l’économie et résoudre de nombreux problèmes. Nous devons saisir cette opportunité. Deuxièmement, notre génération tient l’avenir de l’Europe entre ses mains. Sommes-nous capables de collaborer dans les principaux thèmes de politique de sécurité, de politique extérieure et économique? Et troisièmement, nous devons repenser notre gestion économique afin de préserver nos ressources. La transition numérique recèle d’immenses potentiels à cet égard.

5. Préparez-vous financièrement votre retraite?
Oui, je prends les devants en investissant par exemple dans un fonds composé de différentes actions.

6. Selon vous, votre génération pourra-t-elle vivre de la retraite?
Jusqu’à présent, la génération des petits-enfants a toujours mieux vécu que celle des grands-parents. Je ne vois pas pourquoi la tendance changerait brutalement. Donc, oui nous pourrons vivre correctement de notre retraite. Et nous vivrons plus longtemps que quiconque auparavant, et surtout en meilleure santé. C’est pourquoi, il va de soi que nous travaillerons plus longtemps, indépendamment de l’âge auquel nous sommes entrés dans la vie active.

7. Quels sont concrètement vos objectifs d’ici un à deux ans?
Je souhaite tout d’abord que nous introduisions l’administration numérique afin que nous devenions le pays d’Europe le plus à l’écoute de ses citoyens. Il me semble par ailleurs important de réduire drastiquement le nombre de chômeurs de longue durée. Ils sont aujourd’hui un million, c’est beaucoup trop à un moment où l’Allemagne connaît un réel essor.

Informations sur la personne

Kai Whittaker (32 ans) est l’un des plus jeunes députés au Bundestag. Il a étudié les sciences économiques à Bristol et à Londres. Il a été élu au Bundestag en 2013 où il est membre ordinaire du Comité de l’emploi et des affaires sociales. Il vit à Baden-Baden.

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